S’il ne doit en rester qu’un, ce sera celui-là

L’idée de cette rubrique est de présenter des remèdes ou des techniques qui sont considérés comme majeurs et parfois suffisants. Ils travaillent de manière très globale, ce qui fait qu’on a intérêt à en pratiquer un régulièrement, pour faire bouger les choses, même si on ne sait pas comment cela va agir.

Pourquoi en présenter plusieurs ? Parce que chaque personne aura des affinités et sera plus sensible à un qu’à l’autre. À chacun de tester et voir si ça lui convient.

Les Fleurs de Bach : répondre aux (mauvaises) critiques scientifiques

Les Fleurs de Bach n’ont jamais reçu de confirmation scientifique. Mais absence de preuve n’est pas preuve de l’absence. C’est pourquoi tester par soi-même, surtout vu le prix, est encore la meilleure solution. Et si c’est une thérapie purement placebo, quel est le problème ? L’essentiel n’est-il pas d’aller mieux ?

Quand un médecin prescrit un médicament, pensez-vous qu’il ait examiné toute la littérature sur ce médicament ? Evidemment que non. Or, il arrive que des années après, un médicament soit retiré du marché car jugé inefficace. Que diable les médecins ne l’ont-ils pas vu avant ! Comme quoi, eux aussi prescrivent et jugent leurs médicaments en fonction des retours de leurs patients, sans se demander si la guérison est due à l’effet placebo ou non.

Une site dédié à l’examen critique des pseudo-sciences a examiné les études concernant les fleurs de Bach, et a noté que deux études seulement avaient tous les critères scientifiques requis pour faire autorité. Ce qu’il y a d’intéressant avec les tests, c’est l’interprétation qui en est faite.

Voici les deux expériences, telles que décrites par ce site (j’ai un peu modifié pour rendre le tout plus lisible, sans rien changer au fond) et censées prouver l’effet placebo des Fleurs de Bach :

1) L’approche des examens

L’expérience fut réalisée en 1998 en Grande-Bretagne, en vue de tester l’efficacité du mélange Rescue sur l’anxiété d’étudiants à l’approche d’examen. Cent participants, choisis aléatoirement et en double aveugle, prirent une à quatre doses soit de Rescue, soit de placebo durant sept jours consécutifs. Aucune différence significative entre les deux groupes ne put être relevée. Armstrong et Ernst conclurent que « Cette étude ne fournit aucune preuve de l’efficacité du [Rescue] sous les conditions expérimentales données ».

Soulignons des défenseurs des Fleurs de Bach objectèrent que l’étude était basée sur une prémisse fausse : jamais Bach n’aurait administré le Rescue pour le stress dû aux examens.

La réponse de Ernst fut : « Le fait est que [le Rescue] est prescrit et utilisé à cet effet  ».

Cette étude prouve deux choses :

  • Rescue ne fait pas baisser l’anxiété à l’approche des examens, et l’utiliser comme tel est une erreur. Rescue est un remède d’urgence – donc à l’approche des examens n’est pas vraiment une situation d’urgence – et ne traite pas l’anxiété mais les situations de choc.
  • Ce que montre l’étude, c’est surtout que le marketing autour du Rescue n’a aucun sens, et que le vendre pour la préparation des examens est une mécompréhension totale de la part des vendeurs ou de certaines marques.

 

2) Contre l’anxiété

L’expérience fut menée à Freiburg, en Allemagne. Chez les 55 sujets traités, d’une moyenne d’âge de vingt-huit ans, fut administré en double-aveugle et de façon randomisée soit un placebo, soit une combinaison de dix remèdes floraux à raison de quatre gouttes par jour, soit l’un puis l’autre, ce durant deux semaines ponctuées de deux bilans. Après analyse, les résultats montrent une baisse significative du taux d’anxiété dans tous les groupes. La conclusion de cette étude, remplissant tous les critères de scientificité requis, fut : « Les Fleurs de Bach sont un réel placebo pour les tests d’anxiété et n’ont pas d’effet spécifique. »

Cette étude est peu rigoureuse , malgré les critères de scientificité prétendument requis, pour quatre raisons :

  • N’importe quelle personne ayant ouvert un livre sur les Fleurs de Bach sait qu’on ne fait jamais un mélange de dix remèdes ! Selon les ouvrages, le nombre maximal va jusqu’à sept, mais on conseille souvent moins. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas donner toutes les plantes en même temps ?
  • De plus, les mélanges sont forcément personnalisés : on peut être anxieux avec des problématiques différentes : pour un tel c’est son impatience qui le rend anxieux, pour un autre son souci excessif pour ses proches, pour tel autre encore son perfectionnisme…
  • Qui plus est, la prise s’est faite durant deux semaines seulement alors qu’un traitement pour un traitement de fond nécessite plus de temps.
  • Enfin, un traitement de Bach peut dans un premier temps exacerber les symptômes. Donc on peut avoir un groupe avec des personnes qui ont une amélioration de résultats et d’autres une dégradation de leur situation : en moyenne, on aura l’impression que rien a changé alors que le processus curatif est bien en cours.

 

Vous voilà maintenant décomplexés par rapport à certaines études scientifiques : si on vous rabat les oreilles par votre naïveté quant aux Fleurs de Bach, vous saurez quoi répondre.

Qu’est-ce que la voie indirecte ?

J’appelle « voie indirecte » la démarche consistant à aller chercher, dans l’optique de la guérison physique ou psychologique, une thérapie n’appartenant pas a priori au domaine de votre problème.

Ainsi, si vous avez un problème postural, vous aurez tendance à aller voir un ostéopathe ou un podologue ; si vous avez un problème d’angoisse, un psychothérapeute par exemple . C’est ce qu’on pourrait appeler la Voie directe et quoi de plus logique ?

Cette démarche, fondée, trouve néanmoins sa limite dans les cas où la guérison est longue, voire inexistante.

Il devient alors intéressant d’aller essayer de toucher d’autres dimensions de la personnes, et faire bouger les choses indirectement.

On peut aussi, dès le début d’une démarche thérapeutique, se donner un coup de pouce en allant toucher d’autres dimensions de soi.

Les fleurs de Bach : utilisation

Voici comment le docteur Bach introduit sa méthode :

« …Ce système de traitement est le plus parfait qui, de mémoire d’homme, ait été donné à l’humanité. Il a le pouvoir de guérir, et sa simplicité permet de l’employer chez soi.

C’est cette simplicité, jointe à son action curative totale, qui est si merveilleuse.

Il n’est besoin d’aucune science, d’aucune connaissance en dehors des simples méthodes décrites ici. Et ceux qui tireront le plus grand profit de ce don de Dieu sont ceux qui le garderont dans toute sa pureté, libre de science, libre de théories, car tout dans la Nature est simple. » (La guérison par les fleurs, Dr Bach, p.85)

[Puisque l’accent est mis sur la simplicité, on peut s’étonner de certaines formations assez longues pour être « conseiller agréé en fleurs de Bach », loin de l’esprit que le docteur Bach a mis dans son système de guérison. Et on s’étonne aussi de la multiplication des livres sur le sujet dans lesquels chaque plante est décrite sur plusieurs pages alors que le docteur Bach lui-même les a décrites en quelques lignes, en toute simplicité. Après, libre à chacun d’explorer comme il l’entend, pour sa curiosité. Mais il serait dommage de faire croire qu’il faut accumuler une somme importante de connaissances sur les élixirs utilisés pour en tirer parti. Notons aussi que faire appel à un tiers nous aide à avoir un peu plus de recul sur notre cas, ne le nions pas.]

Comment utiliser les fleurs de Bach concrètement ?

1) LE CHOIX DES ELIXIRS

Il faut choisir les élixirs parmi correspondant à notre problème parmi les 38 élixirs disponibles. Écoutons encore le docteur Bach :

« …c’est l’état d’esprit du malade qui nous guidera quant au choix du ou des remèdes nécessaires.

Dans la maladie, l’humeur est différente de ce qu’elles est dans la vie ordinaire et ceux qui sont observateur remarquent souvent ce changement avant, parfois longtemps avant que la maladie n’apparaisse. Un traitement préventif peut alors être appliqué. Quand la maladie est en place depuis un certain temps, c’est encore l’humeur du malade qui nous guidera pour trouver le remède convenable.

Ne tenez aucun compte de la maladie. Pensez seulement à la perspective qu’a de la vie celui qui est affligé » (La guérison par les fleurs, Dr. Bach, p.87)

On se pose alors trois questions :

Qu’est-ce que je ressens vis-à-vis de ma maladie ?

Est-ce que je fais preuve, depuis que je suis malade, d’un trait de caractère dont je ne fais habituellement pas preuve ?

Si les deux questions ne permettent pas d’avoir des réponses nettes : quel trait de ma personnalité habituelle est exacerbé maintenant ?

Ensuite, on passe en revue la liste des remèdes avec leur caractéristiques clés et on voit si cela correspond à notre état d’esprit. Soit vous cherchez cette liste sur Internet, soit vous achetez La guérison par les fleurs du docteur Bach.

Par exemple : Honeysuckle est pour ceux qui vivent dans le passé, sont nostalgiques, pensent que c’était mieux avant, que rien ne sera jamais comme avant… Ainsi, si une personne n’est pas particulièrement nostalgique habituellement, mais qu’elle a des accès de nostaligue depuis qu’elle est maladie, le remède sera parfait pour elle.

En fonction des auteurs, on dit qu’on peut utiliser jusqu’à 6 voire 7 élixirs en même temps. Aussi, par précaution j’essaie de me limiter à 4 ou 5. S’il y a trop d’informations, le corps ne peut plus faire le tri. S’il y a plus de 7 plantes qui semblent correspondre, on choisit les plus pertinentes, en mettant en avant les plantes qui répondent aux deux premières questions, et si c’est encore trop, on élimine certaines plantes arbitrairement et on teste, qui à changer quelques jours plus tard.

2) LA PREPARATION

On achète un ou plusieurs élixirs – l’idéal étant de les avoir tous pour les avoir sous la main en permanence – qu’on va mettre dans un flacon avec pipette et compléter avec de l’eau pure ou filtrée. D’un point de vue purement chimique, il n’y a plus rien des plantes dans l’élixir. Aussi, les quantités ne sont-elles pas primordiales. Personnellement, j’utilise des flacons de 30ml dans lesquelles je verse 3 gouttes de chaque élixir, pour le plaisir du chiffre trois, mais 1 goutte suffit aussi – d’autant que vous tiendrez trois fois plus de temps !

Ensuite, on prend quelques gouttes sous la langue – la quantité qui vous plaira – en secouant le flacon avant. Selon moi, les deux prises les plus importantes sont avant le coucher, afin que la guérison subtilement opère durant le sommeil et les rêves, et le matin au réveil. Ensuite, on peut prendre deux fois dans la journée pour soutenir l’action : une avant midi et une dans l’après-midi. On conseille traditionnellement des prises à jeun.

On prend le traitement aussi longtemps que nécessaire, en fonction du type de maladie. Pour un rhume, si vous n’allez pas mieux deux ou trois jours après, c’est que vous avez opéré un mauvais choix de plantes. Pour les maladies chroniques, prenez le même traitement tant que les états d’âme sont les mêmes. S’il y a des changement dans votre humeur, préparez-vous un nouveau flacon.

Et passez votre flacon au four à micro-ondes ou faites-le bouillir quelques minutes, pour bien effacer les traces des élixirs utilisés.

S’il n’y a aucun signe d’amélioration ou d’aggravation temporaire dans les sept jours, c’est que vous avez mal choisi vos plantes.